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    Le grappling à Rennes : le JJB sans kimono, en pratique

    6 min de lecture

    Le grappling, c'est du jiu-jitsu brésilien débarrassé du kimono. La formule est commode et globalement exacte : mêmes positions, même objectif — contrôler, puis soumettre —, mais plus rien à saisir sur le partenaire. Ce détail change à peu près tout.

    Beaucoup de pratiquants alternent les deux formats sans y penser. D'autres n'enfilent jamais de kimono et s'en portent bien. Ce qui suit décrit ce qui sépare réellement le no-gi du Gi, l'équipement qu'il demande, et où trouver des créneaux de grappling à Rennes.

    Rien à saisir : ce qu'on remarque en dix minutes

    En Gi, le tissu est une poignée. Vous attrapez un revers, une manche, un pan de pantalon, et vous tenez pendant que vous réfléchissez à la suite. Le kimono fait office de frein permanent : il ralentit l'autre et vous laisse du temps.

    Retirez-le. Il reste la nuque, les poignets, les chevilles, les creux de genou et de coude — des prises qui glissent et qu'on perd en une seconde. La conséquence est immédiate : en no-gi, on ne tient pas une position, on la rétablit en continu. Un contrôle qui durait trente secondes en kimono en dure cinq.

    Quelqu'un qui arrive du Gi le sent dès la première séance : les partenaires glissent davantage. L'ajustement se fait vite et il n'a rien à voir avec la force — on apprend à verrouiller avec les bras et les jambes plutôt qu'avec les mains.

    Contrôle au sol pendant un entraînement de préhension

    Crochets, sous-crochets, pression : le vocabulaire du no-gi

    Comme les mains ne suffisent plus, le contrôle passe par des liaisons de membres et par le poids du corps. Quatre notions reviennent à chaque cours, et il vaut mieux les avoir en tête avant d'arriver :

    • Le sous-crochet : votre bras passe sous l'aisselle du partenaire, la main remonte sur son omoplate ou sa nuque. C'est la prise reine du corps à corps, debout comme au sol.
    • Le sur-crochet : le bras enroule le sien par-dessus et le bloque contre votre flanc. Moins puissant, mais efficace pour neutraliser un côté le temps de travailler l'autre.
    • Les crochets de jambe : le coup de pied glisse derrière la cuisse ou le mollet de l'autre pour l'empêcher de reculer. La demi-garde et le contrôle du dos reposent entièrement dessus.
    • La pression de poitrine et la position de tête : ce qui remplace la saisie de col. Une tête bien placée sur la mâchoire ou l'épaule pèse plus lourd que n'importe quelle main.

    Ces éléments existent aussi en Gi, mais ils y restent facultatifs : on peut compenser une mauvaise structure par une bonne saisie. En no-gi, il n'y a pas de compensation possible. La structure est tout ce que vous avez.

    Le kimono vous laisse le temps de réfléchir. Le no-gi suppose que vous avez déjà réfléchi.

    La transpiration, paramètre qu'on sous-estime

    Au bout d'un quart d'heure de sparring, tout le monde est trempé, et le grappling devient un autre sport. Les prises de poignet lâchent, les triangles glissent, une clé de bras qu'on croyait bouclée se dévisse toute seule. Ce n'est pas anecdotique : c'est une variable à intégrer dans son jeu.

    Deux conséquences pratiques. La première est technique : on finit rarement une soumission au dernier moment en no-gi, on la construit avant, en verrouillant les hanches et les épaules plutôt que les extrémités. La seconde est matérielle : le rashguard n'est pas un accessoire de style, il limite le contact peau contre peau et peau contre tapis, et il sèche nettement plus vite qu'un coton.

    Passage de garde au sol sur les tatamisPlusieurs binômes travaillent au sol pendant le cours

    Un rythme plus rapide, un cardio différent

    En Gi, un round s'articule autour de temps morts : la bataille de saisies, les phases où chacun tient l'autre sans progresser, les remises en place. En no-gi, ces temps morts disparaissent presque. Les scrambles — ces séquences confuses où les deux se relèvent en même temps et cherchent à reprendre le dessus — s'enchaînent, et personne n'y récupère.

    À niveau égal, un round de six minutes en no-gi coûte plus cher qu'un round de six minutes en kimono. Ce n'est pas plus dur, c'est différemment dur : moins de mains et d'avant-bras, plus de souffle et de gainage. Comptez trois ou quatre séances pour que le cardio s'y fasse.

    Pourquoi le grappling est la base du sol en MMA

    En MMA, il n'y a pas de tissu à saisir : des gants, un short, un torse nu et souvent glissant. Tout ce que le Gi apporte de spécifique — étranglements au col, garde araignée, contrôles de manche — devient inutilisable du jour au lendemain. Ce qui reste, c'est exactement le répertoire du grappling.

    Les différences subsistent, et elles comptent. La menace des frappes rend la garde fermée bien moins confortable, la cage sert d'appui pour se relever, et le combat de saisies debout ressemble davantage à de la lutte qu'à du jiu-jitsu. Mais le vocabulaire de base — passages, contrôles, sorties, soumissions — est le même des deux côtés.

    C'est pour cette raison que les clubs qui proposent du MMA proposent presque toujours du grappling à côté, et que les deux publics se recoupent. Une année de no-gi avant de se mettre au MMA fait gagner beaucoup de temps sur la moitié basse du combat.

    La grande salle du club et son tapis

    L'équipement : rashguard, short, et c'est tout

    Le grappling est la discipline de préhension la moins chère à équiper, ce qui n'est pas un mince argument quand on débute.

    • Un rashguard, maillot compressif à manches courtes ou longues : 30 à 60 € pour un modèle qui tient plusieurs saisons. Contrairement à un t-shirt, il ne remonte pas pendant les échanges.
    • Un short sans poche ni fermeture éclair : 25 à 50 €. Les poches accrochent les doigts et les orteils, les zips accrochent la peau et griffent les tatamis.
    • Un protège-dents thermoformable, une dizaine d'euros. Il n'y a pas de frappe, mais les genoux et les crânes circulent.
    • Éventuellement un legging de compression, appelé spats, porté sous le short : plus confortable sur les frottements de tapis et de garde.

    Pour un simple cours d'essai, un t-shirt près du corps et un short sans poche suffisent. Le rashguard attend que la discipline vous plaise. Restent deux règles non négociables : ongles des mains et des pieds coupés courts, et tenue lavée après chaque séance — en no-gi encore plus qu'en Gi, la peau touche la peau.

    Pour qui, et quand le Gi reste utile

    Trois profils s'y retrouvent particulièrement : ceux que le kimono rebute, pour une question de sensation ou de chaleur ; ceux qui visent le MMA ; et ceux qui viennent de la lutte ou du judo debout, qui retrouvent des repères familiers dès la première séance.

    L'inverse mérite d'être dit. Le Gi force la précision. Comme le partenaire dispose de saisies solides, une défense approximative se voit tout de suite, et on y apprend à sortir des positions basses plutôt qu'à les fuir en glissant. Beaucoup d'entraîneurs conseillent d'en garder au moins une séance par semaine, y compris à quelqu'un qui ne compte pratiquer qu'en no-gi.

    Rien n'oblige à trancher. Le schéma le plus courant reste l'alternance : deux séances de Gi et une de grappling, ou l'inverse selon la période de l'année.

    Le mur Rennes Combat Association et les tatamis de la salle

    Où faire du grappling à Rennes

    Le Rennes Combat Association, au 35 rue du Manoir de Servigné, propose plusieurs créneaux de grappling par semaine, tous niveaux confondus, sur 300 m² de tatamis répartis en deux salles. Le club dispose également d'un espace musculation et d'une cage.

    • Lundi, 18 h–19 h : Grappling Leg Locks, une heure consacrée aux clés de jambe. C'est un pan technique qui a pris beaucoup de place en no-gi ces dernières années et qu'on croise peu en kimono.
    • Mardi, 18 h–19 h 30 : grappling tous niveaux.
    • Jeudi, 12 h–13 h 30 : le créneau du midi, commode quand on travaille à Rennes et qu'on tient à garder ses soirées.
    • Jeudi, 18 h 30–19 h 30 : la deuxième séance de la semaine pour ceux qui viennent le soir.

    Les créneaux de JJB Gi complètent la semaine, du lundi au samedi, le midi comme le soir. L'adhésion adulte donne accès à l'ensemble des disciplines : 430 € réglés en un à quatre fois, 480 € étalés sur cinq à douze fois. Les formules jeunes sont à 150 € la saison, et le JJB Kids accueille les 8-15 ans.

    Le premier cours est gratuit et ne demande aucune réservation : vous repérez un créneau sur le planning et vous vous présentez une dizaine de minutes avant. Seuls les créneaux Sparring et Accès libre sont exclus de l'essai.

    Le premier cours est gratuit, sans réservation. Choisissez un créneau et présentez-vous dix minutes avant.

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